_______[/]Ange, parle-moi le plus vaste des coeurs se brise. Dans cette pièce j'ai la vague sensation de ne plus respirer. Aucun abri ne m'a été donné, je n'ai plus d'étrange impression de protection, juste l'abandon. Mon humeur se dessine comme une vague qui monte et descend délicatement le long d'une plage. Un sable fin qui volerait sur les traits de mon visage, et ce cri sourd, cette peur d'aimer à présent. Autrefois j'irais cracher sur ton tombeau, les mains bléssées en vain, les larmes séchées, les cheuveux emportés par le vent, le froid parcourt violemment la peau, ton manteau de sang posé sur moi. Il existe des moyens. Mais pas de moyen pour que la vie devienne un mélange de rêves et de réalité. La voix sacadée, mon cri résonne au fond de ta bouche, tu deviens pâle, sans regrets. Suspendu pour l'éternité, on ressemble autrefois à une pendule qui se serait arrêté. Sa vie est vide, courte. Je te rendais ton amour, il en devenait trop lourd. Pourtant j'ai rêver, rêver qu'on pouvait s'aimer au souffle du vent. Abattre les murs, oublier, apprendre. T'oublier d'un geste brusque. Une impossibilité inouie. On a condamné nos différences. Tu t'avances dans un froid mortel, je crois autrefois en toi, pour l'absence, pour l'ignorance. Nous ne marcherons plus ensembles.